La bienveillance commence sur le tapis
Sep 06, 2026La bienveillance est la première des dix Perles de sagesse que je t’inviterai à découvrir au fil de nos pratiques. Dans la tradition du yoga, elle porte le nom d’Ahimsa, que l’on traduit généralement par « non-violence ».
Le mot peut sembler grand. Pourtant, Ahimsa commence dans quelque chose de très intime : la manière dont nous nous parlons et dont nous traitons notre propre corps.
Le tapis de yoga est un endroit privilégié pour en prendre conscience. Dès qu’une posture devient plus exigeante, notre discours intérieur se révèle : « Je devrais être capable d’aller plus loin. » « J’étais plus souple avant. » « Les autres y arrivent, pourquoi pas moi? »
Sans même nous en rendre compte, nous transformons alors la pratique en épreuve à réussir.
Trouver l’effort juste
Depuis l’enfance, la plupart des activités physiques nous ont appris à performer, à dépasser nos limites et à pousser davantage pour nous améliorer. En yoga, je t’invite à désapprendre cette idée.
Pratiquer avec bienveillance ne signifie pas éviter l’effort. Nos muscles ont besoin d’être sollicités pour conserver leur force, notre équilibre doit être stimulé et nos articulations ont besoin de mouvement. La bienveillance consiste plutôt à trouver l’effort juste : celui qui fait travailler le corps sans le brusquer.
Cet effort se situe juste avant notre limite. Il nous demande de demeurer attentifs aux sensations plutôt que de chercher à reproduire une posture parfaite.
Un étirement peut être inconfortable. Un muscle qui travaille peut chauffer. Cet inconfort n’est pas nécessairement un signal d’alarme : il peut nous indiquer que nous sommes dans une zone de travail et d’effort juste, à condition que la sensation demeure tolérable et que notre respiration reste fluide.
La douleur est différente. Une sensation vive, soudaine ou piquante, une respiration que l’on bloque ou une tension qui envahit tout le corps nous indiquent qu’il est temps d’ajuster la posture, de prendre un appui ou d’en sortir. Apprendre à distinguer l’inconfort de la douleur fait partie de la pratique de la bienveillance.
Changer la question
Au lieu de nous demander : « Est-ce que je réussis la posture? », nous pouvons nous demander :
« Qu’est-ce que mon corps me communique aujourd’hui? »
Le mot aujourd’hui est important. Notre force, notre souplesse, notre équilibre et notre énergie peuvent varier d’une journée à l’autre. La posture qui nous convenait la semaine dernière n’est pas nécessairement celle dont nous avons besoin maintenant.
Choisir une variation, utiliser une chaise ou prendre une pause n’est donc pas un échec. C’est une façon consciente de respecter notre réalité et de continuer à pratiquer avec justesse.
Chaque fois que nous faisons ce choix, nous cessons de traiter notre corps comme un adversaire qu’il faudrait dominer. Nous apprenons plutôt à le considérer comme un partenaire précieux, avec lequel nous souhaitons avancer longtemps.
Une petite expérience de bienveillance
Pendant la semaine découverte, je t’invite simplement à observer le moment où apparaît l’envie de pousser un peu trop loin, de retenir ton souffle ou d’ignorer une sensation pour « réussir » une posture.
À cet instant, fais une pause. Respire. Puis demande-toi quelle adaptation te permettrait de poursuivre avec un effort réel, mais sans entrer dans la lutte.
C’est une toute petite décision. Pourtant, c’est déjà Ahimsa en action : choisir de ne pas nous faire violence et offrir à notre corps ce dont il a réellement besoin.
Tu retrouveras dans ton carnet de bord une question pour poursuivre cette réflexion et mettre des mots sur ton expérience.